Crise rénale aigüe

                                                                       

 

SCLERODERMIE SYSTEMIQUE : CRISE RENALE AIGUE

 

 

Définition et diagnostic de la crise rénale aiguë sclérodermique

La crise rénale sclérodermique est une complication rare qui survient plus particulièrement chez les patients atteints de sclérodermie diffuse récente, rapidement progressive. Elle peut toucher plus rarement les patients atteints de sclérodermie limitée. La prise de corticoïdes dans les 3 mois précédents peut favoriser l’apparition de cette complication rare.

Le diagnostic de crise rénale aiguë sclérodermique est à évoquer devant la survenue d’une augmentation de la tension artérielle, d’un essoufflement. Lorsque cette hypertension artérielle est sévère, elle peut parfois s’accompagner de maux de tête, vertiges, nausées, bourdonnements d’oreille, troubles de la vision, malaise…

Il s’agit d’une atteinte des petits vaisseaux du rein se compliquant parfois d’une baisse des globules rouges, d’une baisse des plaquettes avec dysfonctionnement du rein (diminution des urines, augmentation de la créatinine).

Dans environ 10 % des crises rénales sclérodermiques, la tension artérielle est normale, ce sont alors les anomalies du bilan biologique qui permettent de la dépister.

 

Cette complication rare est à évoquer si :

1. Présence d’un au moins des 5 critères suivants :

a) Augmentation du taux de créatinine

b) Apparition d’une Protéinurie ≥ 2 croix à la bandelette

c) Apparition d’une Hématurie ≥ 2 croix à la bandelette

d) Plaquettes < 100 000 éléments/mm3

e) Diminution des globules rouges (présence de schizocytes)

 

2. Apparition d’une hypertension artérielle définie selon les critères suivants :

a) Pression systolique ≥ 140 mm Hg

b) Pression diastolique ≥ 90 mm Hg

c) Augmentation de la pression artérielle systolique ≥ 30 mm Hg

d) Augmentation de la pression artérielle diastolique ≥ 20 mm Hg

(Sauf dans les crises rénales à tension artérielle normale)

 

Surveillance clinique et biologique préventive

 

Dans les trois premiers mois d’introduction de la corticothérapie et ceci quelle que soit la posologie :

-          Auto surveillance de la tension artérielle quotidienne par le patient pendant 3 mois

-          Autosurveillance de la tension si maux de tête et/ou troubles neurosensoriels

-          Surveillance de la tension artérielle par le médecin traitant une fois / mois pendant 3 mois

-          Surveillance de la bandelette urinaire une fois / semaine pendant 3 mois

-          Surveillance du bilan biologique une fois / semaine pendant 3 mois :

o       NFS

o       Schizocytes

o       Réticulocytes

o       Haptoglobine

o       Ionogramme, urée, créatinine

 

Après les 3 mois d’introduction de la corticothérapie, la surveillance peut être espacée à :

-          Auto surveillance de la tension artérielle 3 fois / semaine par le patient pendant 3 mois puis 1 fois / semaine

-          Autosurveillance de la tension si maux de tête et/ou troubles neurosensoriels

-          Surveillance de la tension artérielle par le médecin traitant une fois / 2 mois

-          Surveillance de la bandelette urinaire une fois / 15 j pendant 3 mois, puis 1 fois / mois

-          Surveillance du bilan biologique une fois / 15 j pendant 3 mois puis 1 fois / mois

 

Cette surveillance doit être réalisée en dehors de toute corticothérapie :

-          dans les formes diffuses récente (moins de 5 ans),

-          dans les formes avec progression rapide de l’atteinte cutanée.

 

ATTENTION : les corticoïdes peuvent favoriser la survenue d’une crise rénale sclérodermique. Toute prescription de corticoïde chez un patient sclérodermique doit être décidée avec le service référent (sauf urgence vitale)

 

Devant tout signe évocateur de crise rénale sclérodermique, appelez immédiatement votre médecin traitant qui contactera le service référent s’il le juge nécessaire.