Contraception, grossesse et allaitement

                                                                       

 


                                          

LUPUS ERYTHEMATEUX SYSTEMIQUE: CONTRACEPTION, GROSSESSE ET ALLAITEMENT

 

Pourquoi se pose la question de la grossesse au cours du lupus ?

 

            Le lupus touche essentiellement les femmes (90%) avec un âge de début de la maladie entre 15 et 40 ans, ce qui correspond à la période d’activité génitale où les femmes font leurs enfants. Le lupus est sensible aux variations hormonales qui sont importantes au cours de la grossesse.

Actuellement, le lupus n’est plus une contre-indication définitive à la grossesse mais des précautions sont à observer…

 

Que risque de faire la grossesse sur mon lupus ?

 

            La grossesse n’améliore jamais le lupus. Dans 6 cas sur 10, on observe une poussée du lupus au cours de la grossesse ou dans les semaines qui suivent l’accouchement si la grossesse n’a pas été préparée au préalable avec l’interniste et l’obstétricien.

 

Quelles sont les conséquences du lupus sur la grossesse ?

 

            Tout d’abord, il est important de préciser que les femmes ayant un lupus ont une fécondité comparable à celle des autres femmes. Cependant, la fécondité peut être diminuée au cours des poussées de la maladie ou après la prise de certains traitements comme l’Endoxan®.

Au cours des 40 dernières années, grâce à une meilleure connaissance de la maladie et des moyens de la traiter, le taux de fausses-couches et de perte fœtale chez les femmes ayant un lupus a diminué pour être comparable à celui des autres femmes.

La grossesse au cours du lupus reste malgré tout une grossesse à risque qui doit être préparée et surveillée car il y a encore un taux plus élevé de prématurité et de petite taille du bébé (hypotrophie).

 

            Certains anticorps, lorsqu’ils sont présents chez la maman, requièrent des précautions supplémentaires :

-         les anticorps anti-phospholipides : ils augmentent le risque de formation de caillots dans les vaisseaux (thrombose veineuse ou artérielle) et de complications obstétricales. S’ils sont présents et qu’ils n’ont jamais entraîné de thrombose, un traitement par aspirine est recommandé et peut être poursuivi jusqu’au 8è mois.

S’il existe un syndrome des antiphospholipides (SAPL), des adaptations thérapeutiques sont à programmer. accès fiche SAPL et grossesse

-         les anticorps anti-SSA : un ralentissement du rythme du cœur du bébé (bloc auriculo-ventriculaire ou BAV) peut survenir lorsque la maman possède dans le sang ces anticorps mais dans seulement 2% des grossesses. Ainsi en cas de présence de ces anticorps chez la maman, il est nécessaire de surveiller le rythme cardiaque fœtal de manière rapprochée (tous les 15 jours) par échographie de la 14ème à la 26ème semaine d’aménorrhée (3 mois et demi à 6 mois et demi). Si une anomalie est dépistée, un traitement peut être mis en route chez la maman pour diminuer le risque de BAV chez le bébé.

 

Comment faire si j’ai envie d’avoir un enfant ?

 

            En cas de désir de grossesse, avant d’arrêter sa contraception, il est très important de rencontrer l’interniste qui suit le lupus lors d’une consultation dite « pré-conceptionnelle ».

A cette occasion, votre interniste vérifiera si toutes les conditions sont requises pour qu’une grossesse puisse être débutée :

-         au moins 6 mois de rémission du lupus (plutôt 1 an en cas d’atteinte rénale ou neurologique)

-         absence d’hypertension artérielle non contrôlée (c'est-à-dire instable)

-         absence d’atteinte rénale sévère du lupus, qui risquerait de s’aggraver.

Lors de cette consultation, on vérifiera les traitements pris : certains traitements seront arrêtés avant même le début de la grossesse (en particulier certains immunosuppresseurs comme le Méthotrexate ou le Cellcept®); pour d’autres traitements, l’interruption se programmera pour les premières semaines de grossesse. Le Plaquénil® doit toujours être poursuivi pendant la grossesse et l’allaitement car il diminue le risque de poussée du lupus et il est sans danger pour le bébé.

Enfin, c’est au cours de cette consultation qu’on vérifiera si vous êtes porteuse d’anticorps anti-phospholipides ou anti-SSA afin de prévoir la surveillance adaptée.

 

            Ces précautions peuvent sembler contraignantes mais elles permettent de diminuer le risque de complications au cours de la grossesse afin qu’elle se déroule le mieux possible pour la mère et pour l’enfant. Durant la grossesse, le suivi est conjoint entre l’obstétricien, le médecin traitant et l’interniste.

Si une grossesse survient de manière imprévue, il faut prévenir l’interniste le plus tôt possible.

 

Mon bébé aura-t’il un lupus ?

 

            Le lupus n’est pas une maladie génétique, il ne se transmet pas aux enfants. Il existe quelques rares cas de lupus néo-natal, souvent liés à la présence d’anticorps anti-SSA et transitoires. Des études et l’expérience ont démontré que les enfants de mère lupique avait un développement normal.

 

Puis-je allaiter mon enfant ?

 

            Le lupus n’est pas une contre-indication à l’allaitement. Par contre, certains médicaments sont contre-indiqués pendant l’allaitement ; d’autres peuvent être poursuivis à condition que leur prise se fasse à distance d’une tétée.

Le Plaquénil® ne représente aucun danger pour le bébé.

Pour les autres traitements, on peut se référer au site du centre de référence sur les agents tératogènes) http://www.lecrat.org/

 

Une aide à la procréation est-elle possible ?

 

            La procréation médicalement assistée n’est plus une contre-indication définitive au cours du lupus. Cependant, les fécondations in vitro et les stimulation hormonales, par le risque élevé de poussée du lupus qu’elles entraînent, sont à discuter au cas par cas de manière pluridisciplinaire (gynécologues, internistes…).

 

Quelle contraception puis-je utiliser ?

 

-         moyens de contraception contre-indiqués au cours du lupus :

o       pilule oestro-progestative : risque de poussée

o       stérilet : contre-indication relative en raison du risque infectieux, en particulier en cas de corticothérapie ou de traitement immunosuppresseur

 

-         moyens de contraception autorisés au cours du lupus :

o       pilule micro-progestative

o       pilule progestative

o       contraception mécanique (préservatif, crème spermicide…)