Grossesse

                                                                       

 


                                 

SYNDROME DE GOUGEROT-SJOGREN: GROSSESSE

 

Une grossesse peut elle être envisagée lors d’un syndrome de Gougerot-Sjögren ?

 

La fertilité des femmes atteintes de syndrome de Gougerot-Sjögren est normale. Dans de très rares cas le syndrome de Gougerot-Sjögren primitif peut s’accompagner d’une atteinte de certains organes, comme par exemple le rein ou les articulations et  peut nécessiter alors un traitement par cortisone ou par médicaments immunosuppresseurs. Dans ces cas, il est possible d’observer une diminution de la fécondité.

Le souhait de grossesse chez une femme jeune atteinte de syndrome de Gougerot-Sjögren est légitime et doit s’envisager en partenariat avec le médecin de famille, le médecin référent pour le syndrome et l’obstétricien. C’est après cette concertation, chacun des partenaires de santé ayant été informé de la situation clinique et biologique de la patiente, que peut s’engager la grossesse qui, le plus souvent, se déroule sans aucun problème.

La fécondation « in vitro » et les « stimulations hormonales » sont possibles mais à discuter au cas par cas (il faut en particulier écarter d’autres maladies auto-immunes associées comme le lupus).

 

La grossesse aggrave-t-elle le syndrome de Gougerot-Sjögren ?

 

La grossesse n’est pas réputée ni pour aggraver ni pour améliorer le syndrome de Gougerot-Sjögren. Si le syndrome se limite à une sécheresse des muqueuses sans atteinte extraglandulaire, la situation clinique restera stable tout au long de la grossesse. Dans les cas où existent des symptômes douloureux articulaires (arthralgies ou arthrites), les traitements pendant la grossesse par le paracétamol voire les corticoïdes à petites doses sont tout à fait possibles sans retentissement ni pour la maman ni pour le bébé. Il est exceptionnel dans le syndrome de Gougerot-Sjögren que la grossesse puisse compliquer la maladie, cela peut se voir dans les rares cas d’atteinte rénale ou neurologique par exemple nécessitant un traitement corticoïde et immunosuppresseur.

 

Le syndrome de Gougerot-Sjögren a-t-il une conséquence pour le bébé ?

La croissance foetale se déroule le plus souvent parfaitement normalement. La prématurité et la petite taille du bébé peuvent se rencontrer lorsque le syndrome de Gougerot-Sjögren nécessite un traitement corticoïde au long cours si les doses quotidiennes nécessaires sont supérieures à 10 mg/24 h. Une surveillance rapprochée, des conseils d’hygiène et de vie, une alimentation équilibrée, une bonne prise des médicaments pourront minimiser ce risque.

Lorsque la mère est porteuse d’anticorps anti-SSA, il existe un risque de ralentissement du rythme du cœur du bébé (bloc auriculo-ventriculaire ou BAV) mais dans seulement 2% des grossesses. Ainsi en cas de présence de ces anticorps chez la maman, il est nécessaire de surveiller le rythme cardiaque fœtal de manière rapprochée (tous les 15 jours) par échographie de la 14ème à la 26ème semaine d’aménorrhée (3 mois et demi à 6 mois et demi). Si une anomalie est dépistée, un traitement peut être mis en route chez la maman pour diminuer le risque de BAV chez le bébé.

 

Traitements du syndrome de Gougerot-Sjögren au cours de la grossesse

 

-         Chlorhydrate de pilocarpine : aucun effet tératogène n’a été rapporté ; il est proposé d’éviter la poursuite du traitement si possible ; en cas de traitement jusqu’à l’accouchement à posologie importante, il faut prévenir l’équipe pédiatrique car des symptômes parasympathiques peuvent survenir chez le nouveau-né (hypersudation, hyperthermie, agitation…)

-         Prednisone : ne passe pas la barrière placentaire

-         Plaquénil® : poursuite possible pendant la grossesse

En cas d’interrogation, il faut se référer au site du CRAT. http://www.lecrat.org/

 

 

Allaitement

 

Le Gougerot-Sjögren ne constitue pas une contre-indication à l’allaitement. Par contre, certains traitements pris par la mère ne sont pas compatibles avec l’allaitement ou nécessitent des précautions (prise médicamenteuse à distance de la tétée).

En cas d’interrogation, il faut se référer au site du CRAT. http://www.lecrat.org/