Fatigue

                                                                       

 


                                          

SYNDROME DE GOUGEROT-SJOGREN: FATIGUE

 

            La fatigue est un symptôme fréquent au cours du syndrome de Gougerot-Sjögren (SGS), retrouvée chez la majorité des patients à un moment ou à un autre de la maladie ; elle est parfois très invalidante, responsable d’un retentissement psychosocial non négligeable.

Les causes de fatigue au cours du SGS peuvent être multiples ; un examen clinique et quelques examens de biologie doivent être réalisés chez un patient signalant une fatigue afin d’adapter au mieux la prise en charge étiologique et/ou symptomatique.

 

Quelles étiologies évoquer devant une fatigue au cours du SGS ?

 

-         Pathologies associées:

o       Dysthyroïdie auto-immune

o       Fibromyalgie (30%)

-         Infections : en particulier chez les patients immunodéprimés avec une sensibilité accrue aux infections bactériennes ou virales.

-         Iatrogénie :

o       Immunosuppresseurs : tous les immunosuppresseurs peuvent être responsables de fatigue

o       Autres classes médicamenteuses :

•         Antihistaminiques

•         Antihypertenseurs

•         Antidépresseurs

•         Antibiotiques

•         Antidépresseurs et anxiolytiques

o       Diabète cortico-induit

o       Insuffisance surrénalienne : à rechercher en particulier chez un patient ayant eu une corticothérapie pendant plus d’un mois, interrompue ou à moins de 5mg/j de prednisone.

-         Anémie : quelle que soit son origine

-         Carence en vitamine D 

-         Troubles du sommeil :

o       Syndrome d’apnées du sommeil

o       Syndrome des jambes sans repos

-         Causes psychologiques et psychiatriques :

o       Dépression

o       Anxiété

-         Autres pathologies associées, parfois sans lien avec le SGS :

o       Pathologies cardio-respiratoires

o       Pathologies digestives

o       Néoplasies et hémopathies

-         Fatigue liée au SGS : lorsque toutes les causes sus-citées ont été écartées et que le bilan étiologique est resté négatif, on peut retenir le diagnostic de fatigue liée au SGS. Cette fatigue touche de nombreux patients, sans lien avec l’évolution de la maladie.

 

Quel bilan prescrire ?

 

            Après un examen clinique soigneux qui permet souvent d’orienter le diagnostic, on pourra proposer :

-         NFS

-         Ionogramme sanguin, fonction rénale

-         CRP, VS

-         25-OH vitamine D

-         TSH

-         Glycémie à jeun

-         ECBU, hémocultures, radio de thorax, sérologies virales… (en cas de suspicion d’infection)

-         Cortisol et ACTH à 8h (si suspicion d’insuffisance surrénale)

-         Polysomnographie (si suspicion de troubles du sommeil)

-         Avis psychiatrique (dépistage d’une fatigue psychique)

 

Bien entendu, cette liste n’est pas exhaustive et doit être modifiée ou complétée en fonction de l’examen clinique et des antécédents du patient.

 

Quelle prise en charge thérapeutique proposer en cas de fatigue liée au SGS?

 

-         Maintien d’une activité physique régulière :

o       20 min/j ou 2 à 3 h/semaine

o       Marche, vélo, natation, danse…

o       Evite le déconditionnement musculaire

o       Améliore la tolérance à l’effort

-         Amélioration des règles hygiéno-diététique :

o       Alimentation équilibrée

o       Eviter les dettes de sommeil

o       Limiter les causes de stress

-         Reconnaissance du symptôme par le médecin et par l’entourage familial

-         Orienter vers une prise en charge en éducation thérapeutique